Cátedra de Investigación Antonio Chamorro-Alejandro Otero

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La Facultad de Medicina de Granada rindió homenaje a Antonio Chamorro. En el Acto Académico celebrado en su honor glosaron su vida y su obra Fernando Girón y Enriqueta Barranco. Como profesores invitados se contó con la presencia de Josep L. Barona (Universidad de Valencia) y de Alain Poussard, quien glosó el aspecto humano y familiar de Antonio Chamorro.Alain Poussar lee su homenaje a Antonio Chamorro. A su lado se sienta el Profesor Barona y el Profesor Girón

Homenaje de la Facultad de Medicina a Antonio Chamorro

"JE ME SUVIENS"

 

SEMBLANZA DE ANTONIO CHAMORRO Y ANDREÉ JACOB

 

Il m’a semblé que, pour évoquer des souvenirs épars, un discours continu aurait été artificiel. Je me suis permis, très modestement,

d’emprunter à Georges Perec la forme morcelée de ses «Je me souviens».


1
Je me souviens d’une photos en noir et blanc, André et Antonio avec mes parents, blottis dans un massif de verdure. Ils posent. Ils

regardent en direction du photographe. Je ne sais pas qui a pris cette photo. J’ai toujours connu cette photo, aussi loin que je

remonte dans ma mémoire. Elle est petite, la marge blanche qui l’entoure est dentelée. Je crois qu’elle a été prise avec l’appareil

qu’avait mon père quand j’étais enfant : un cube noir, recouvert d’un étui en cuir marron, avec une porte qu’on dépliait vers le haut.

Cette porte ouverte, on pouvait voir en noir et blanc, sur un écran horizontal, ce qui se passait verticalement et en couleur dans la

réalité. Sur cette photo, Antonio porte des lunettes de soleil noires qui lui dissimulent le regard. Il a les cheveux blancs. Je ne l’ai pas

connu autrement. Mais on m’a dit que jeune, il avait les cheveux très noirs. Andrée est assise devant lui. Elle sourit. Ils portent des

tenues d’été. C’était à la fin des années cinquante.

2
Je me souviens de deux autres photos encore, en couleur cette fois. Et je me souviens du jour où elles ont été prises. Nous étions à

Versailles, dans le parc du château. L’une a été prise par Antonio. On y voit Andrée, Ramon,  frère d’Antonio en voyage en France

pour quelques jours, Miguel son fils, mes parents et nous, les trois enfants, shorts bleus et vestes sombres. L’autre photo est de la

même série. Elle ont été prises à quelques minutes d’intervalle. Celle-ci a été prise par Ramon: il n’est plus sur la photo, il est

remplacé par Antonio, qui sourit. Je crois que ces photos ont été envoyées à mes parents par Ramon –ou par Miguel. Je me

souviens d’avoir été étonné d’apprendre qu’Antonio avait un frère. J’ai su plus tard qu’il en avait plusieurs. Et je me souviens de

Miguel, attentif, affectueux. Je crois me souvenir qu’il était instituteur.

3
Je me souviens du jour où, en 2003, j’ai escaladé la grille de la résidence « Les vertes années », à Antibes. Nous étions en vacances

pour quelques jours à Nice. J’avais plusieurs fois essayé de joindre Antonio pour l’avertir de notre venue. Le téléphone n’avait pas

répondu. En arrivant devant la grille, j’ai vu les volets des chambres fermés, ainsi que le volet de la cuisine. J’ai escaladé la grille et

j’ai sonné. Personne. J’ai fait le tour du bâtiment pour voir si le volet de la terrasse était ouvert. J’ai croisé un homme qui n’était pas

très avenant. Peut-être m’avait-il vu franchir la grille. Je lui ai demandé s’il savait où était Monsieur Chamorro. Il m’a répondu : « je ne

le connais pas ». Quand je suis rentré à Paris, mon père m’a annoncé la mort d’Antonio.

4
Je me souviens d’Andrée et Antonio, quand j’étais enfant. Je me souviens que mes parents disaient toujours « Andrée et Antonio ».

5
Je me souviens qu’Andrée et Antonio venaient souvent le dimanche passer la journée à Versailles, et plus tard à Gif-sur-Yvette. Ils

prenaient le métro, la ligne de sceaux, et mon père allait les chercher à la gare.

6
Je me souviens qu’enfants, nous avions simplifié cette formule compliquée : « Andrée et Antonio ». Nous avions gardé la sonorité

finale, en la transformant, comme font les enfants : « Ponio », ce qui voulait dire « Antonio ». Et pour les désigner tous les deux, on

ajoutait le pluriel : « les Ponios ».

7
Je me souviens qu’Antonio nous racontait en riant que les chats le suivaient dans la rue quand il sortait de Curie. Il faisait des

expériences avec des souris, et il devait s’enduire les mains d’un produit imitant l’odeur de souris, pour que les mères ne délaissent

pas les petits après qu’il les avait manipulés. Enfant, j’ai souvent imaginé Antonio suivi par les chats.

8
Je me souviens du rire d’Antonio. Un rire aigu, et communicatif. Et je me souviens qu’on riait toujours avec Andrée et Antonio. La

morosité et la grandiloquence, le sérieux à toute occasion, ils ne connaissaient pas.

9
Je me souviens de la seule fois où Antonio a monté le ton. C’était à propos de Léon Blum. Dans ma famille, Léon Blum était une

figure importante de la gauche française. Antonio ne pouvait pas lui pardonner d’avoir abandonné les Républicains espagnols, et de ne

pas leur avoir livré des armes

10
Je me souviens qu’Andrée demandait à Antonio de raconter. Et ce qu’il devait raconter le concernait souvent lui, et non eux. C’était

des souvenir d’avant leur rencontre. Et je me souviens qu’elle était heureuse en l’écoutant nous raconter, ne le quittant pas du regard

et ponctuant ses paroles de petits mouvements d’approbation.

11
Je mes souviens qu’Antonio ne savait pas qu’il allait arriver à Paris. A Berlin, on l’a mis dans un train. On ne lui a pas donné

d’explication.

12
Je me souviens qu’il disait qu’en arrivant en France, il ne connaissait qu’un seul mot de Français relatif à la nourriture : le mot «

poulet ». Et qu’il avait mangé du poulet au restaurant pendant plusieurs semaines parce qu’il ne savait pas commander autre chose. Il

s’amusait en nous le racontant.


13
Je me souviens de ses mains, longues, souples, des mains de musicien, de prestidigitateur ou de chirurgien. Et je me souviens du

mouvement de son poignet, ondulant, quand il se saisissait d’un croissant, ou qu’il nous servait le thé.

14.
Je me souviens d’Emilio, son frère. Il rentrait de Rome où il avait rencontré Rafael Alberti. On m’avait dit qu’il était resté longtemps

dans les prisons de Franco. Je me souviens qu’Antonio lui traduisait les questions de mes parents, puis nous traduisait ses

réponses. Antonio s’amusait dans son rôle de traducteur, comme pour alléger le sérieux de la conversation. Je me souviens du

visage d’Emilio, qui m’impressionnait. Un masque impassible, lunettes de vue aux verres sombres. Je me souviens de son teint gris,

de son air grave. Je me souviens que je suis resté à table pour suivre la conversation jusqu’au bout.

15
Je mes souviens avoir été étonné d’apprendre qu’Emilo allait au casino quand il venait voir Andrée et Antonio à Antibes.  Je

n’imaginais pas Emilio au casino, ni Antonio.

16
Je mes souviens d’une paella, à Antibes, chez Andrée et Antonio. C’est Antonio qui cuisinait. Il avait un tablier, et je le regardais

ajouter petit à petit, d’un geste ample et précis, les ingrédients. Quand ses doigts lâchaient une pincée, son poignet remontait

légèrement, comme  celui d’un pianiste qui termine une phrase délicate. Puis il redescendait pendant que ses doigts faisaient une

courbe, comme une vague. Puis Antonio attendait, il goûtait, il recommençait. Je n’avais jamais vu un homme faire la cuisine. Je

n’avais pas soupçonné qu’on puisse préparer un plat de façon si précise, si attentive, si patiente.

17
Je me souviens qu’Andrée et Antonio se sont rencontrés dans un bal.

18
Je mes souviens ce qu’ils nous racontaient de leur rencontre. Pour ne pas effaroucher Andrée, Antonio lui avait dit qu’il était étudiant.

Et il riaient tous les deux en se remémorant ce mensonge. Ils disaient que d’habitude, les étudiants mentent et disent qu’ils sont

docteurs, mais qu’Antonio, lui, qui était médecin, mentait en disant qu’il était étudiant.

19
Je me souviens qu’ils n’avaient pas la télévision, ni d’électrophone. Ils écoutaient beaucoup la radio, les émissions d’histoire. Ils

avaient un magnétophone, et ils enregistraient des concerts diffusés à la radio. J’ai encore une cassette d’un concert qu’ils avaient

enregistré et qu’ils m’ont donnée. C’était un concert d’Atahualpa Yupanqui, au Théâtre de la ville, sur France Inter. J’ai découvert

cette musique grâce à eux. Sur la cassette, il y avait écrit « Jazz » : c’était un autre concert qu’ils avaient effacé pour enregistrer

celui-là

20
Je me souviens qu’ils avaient ramené d’Antibes une cassette qu’ils écoutaient à Paris. Ils avaient enregistré, sur les deux faces, les

cigales et les grillons dans la campagne aux environs de Juan-les-Pins. Ils voulait entendre encore les bruits de l’été, et les bruit du

sud. Ils nous l’avaient fait écouter.


21
Je me souviens que j’avais demandé à Antonio de m’expliquer la guerre d’Espagne. C’était pour l’école, j’avais 14 ans. Je n’avais pas

choisi ce sujet par hasard. Il m’a gardé une après-midi entière, rue du Montparnasse. Il chaussait ses lunettes pour me lire le

passage d’un livre, puis il les enlevait pour reprendre son commentaire. Il a commencé en remontant dans le temps, très loin, pour

m’expliquer les antécédents de la guerre. Et puis il s’est rapproché petit à petit. Primo de Rivera, le départ d’Alfonso XIII, la seconde

République, Azana.  Jusqu’à la victoire du Frente Popular aux élections de 1936. Il n’est pas allé plus loin, il était tard.  Il m’a prêté un

livre en français, je me souviens de son petit format. Je l’ai lu dans tous les sens. Il avait souligné des passages et il avait laissé des

notes dans les marges.

22
Je me souviens qu’avant la mort de Franco, Antonio était pessimiste. Il ne pensait pas que Juan Carlos changerait les choses. Je me

souviens qu’il disait que l’éducation de Juan Carlos, loin de son père, sous l’égide de Franco, en ferait un successeur docile.

23
Je me souviens de la bibliothèque d’Antonio, rue du Montparnasse. Ses livres d’histoire et ses livres de peinture.

24
Je me souviens qu’Antonio connaissait à fond les dynasties françaises et espagnoles. Il nous expliquait les raisons de certaines

alliances, il nous a parlé plusieurs fois de la loi salique.

25
Je me souviens de l’enterrement de ma grand-mère. A la sortie du cimetière, j’ai présenté Andrée et Antonio à Valérie. Nous avons

marché dans La Garenne-Colombes. Andrée nous a montré le collège technique où elle avait enseigné, et où elle avait rencontré ma

mère. Nous avons marché tous les quatre jusqu’à la gare. Nous avons pris le train. Puis, au lieu de nous séparer, nous sommes allés

au restaurant, à Montparnasse. C’est la première soirée que nous avons passé ensemble, tous les quatre. Ils étaient contents de

connaître Valérie, ils étaient gais.

26
Je me souviens qu’étudiants, pendant des années, nous prenions le 91 pour nous rendre chez Andrée et Antonio

27
Je me souviens qu’ils ne disaient jamais « Antibes ». Ils disaient toujours « Juan-les Pins ». Ou encore « La côte d’azur ».

28
Je me souviens de leurs voyages en Espagne, après la mort de Franco. Je me souviens des photos qu’ils rapportaient.

 

29
Je me souviens de ma mère demandant à Antonio : « vous allez à Madrid, vous allez à Barcelone. Et pourquoi pas Grenade ? ». Je

me souviens du silence. Et de la réponse. Qui irait-il voir à Grenade ? Ceux qu’il avait connu étaient tous exilés, ou avaient été

fusillés.


30
Je me souviens qu’à leur retour d’Espagne, Antonio nous racontait en riant que là-bas, on le félicitait, au café ou au restaurant, pour

sa maîtrise de l’espagnol. Une fois, quelqu’un lui a demandé : « vous êtes argentin ? »

31
Je me souviens de vacances, à la fin de l’été 1984. Nous étions à Nice, Valérie et moi, Andrée et Antonio étaient à Juan-les-Pins.

Tous les deux jours, nous avions un rendez-vous. C’est eux qui prenaient le train pour venir vers nous, ou c’est nous qui allions vers

eux. Je me souviens de la visite du musée de l’olive, à Cagnes-sur-Mer. Je me souviens d’une promenade dans Vallauris.

32
Je me souviens de la visite du musée Picasso à Antibes. Je me souviens de la grande toile de Nicolas de Staël, « Le concert ». Je

me souviens de la terrasse, et des Giacometti.

33
Je me souviens de la passion qu’ils avaient pour Picasso, dont ils connaissaient par cœur la biographie. Je me suis souvent dit qu’ils

n’avaient pas choisi par hasard d’habiter d’abord à Montmartre, puis à Montparnasse,  et enfin à Antibes.

34
Je me souviens des cartes postales reproduisant des tableaux de Goya et de Picasso sur la bibliothèque de l’appartement de

Juan-les-Pins. Je me souviens qu’Andrée en avait une collection. Elle nous en donnait quand on passait. Elle les avait gardées

longtemps. J’en ai retrouvé quatre ces jours-ci, dans une enveloppe. Sur l’enveloppe, l’écriture d’Andrée : Musée Picasso, château

d’Antibes, lundi le 30 décembre 1974.

35
Je me souviens qu’au restaurant, Antonio demandait toujours quels légumes accompagnaient la viande ou le poisson. Et qu’il faisait

remplacer les frites par des légumes verts.

36
Je me souviens qu’Antonio était amusé par les petitesses de la politique française. Je me souviens qu’il riait des diamants de

Giscard.

37
Je me souviens qu’ils aimaient bien Mitterrand. Je me souviens aussi qu’Antonio ne comprenait pas le jacobinisme de la gauche

française.

38
Je me souviens que j’avais donné à Antonio l’enregistrement du concert de Paco Ibanez à l’Olympia. Et je me souviens qu’Antonio

était allé le féliciter quand il l’avait rencontré dans un café où se retrouvaient les espagnols de Montparnasse.

39
Je me souviens qu’ils s’amusaient à rappeler qu’il avaient toujours eu deux appartements. Qu’ils n’étaient pas « installés » ensemble.

 L’appartement d’Andrée, je ne l’ai jamais connu. Elle y entreposait ses affaire, elle y avait sa machine à coudre. Elle s’y isolait

quand elle avait des travaux de couture. Et je me souviens ce qu’ils nous racontaient de leur vie avant Montparnasse. Toujours l’un

chez l’autre, ils conservaient chacun son « chez soi », lui à Montmartre, et elle rue de Valence. Quand il avait besoin d’une veste

laissée chez lui, il devait traverser Paris. Et quand elle voulait une robe laissée chez elle, c’était le même trajet dans l’autre sens.

40
Je me souviens qu’Andrée avait découpé dans les journaux français ou espagnols les articles qui racontaient la naissance d’un bébé

panda au zoo de Madrid.

41
Je me souviens qu’après la retraite d’Andrée, ils avaient entrepris d’aller photographier les fontaines de Paris. Il y avait un jour pour

chaque fontaine. Ils partaient, à pied ou en bus, ils prenaient la photo, et ils rentraient.

42
Je me souviens qu’un soir, ils nous avaient emmenés à la Coupole, pour nous faire découvrir le soufflé au grand-marnier.

43
Je me souviens de leur visite à Arras, après la naissance de Xavier, notre premier fils, et d’une promenade dans la ville avec le landau.

44
Je me souviens d’une visite à Paris, rue du Montparnasse, avec Xavier. Quand nous arrivions chez les gens, Xavier actionnait les

interrupteurs pour voir les lampes s’allumer. Il se heurtait toujours à l’incompréhension, on lui demandait d’éteindre : pourquoi allumer

la lumière en plein jour ? et pourquoi toutes les lampes à la fois?  Dès qu’Andrée l’a vu se diriger vers un interrupteur, elle s’est levé,

elle a fait le tour de l’appartement et a allumé, une à une, toutes les lampes.

45
Je me souviens qu’Antonio parlait le français avec une grande précision, lentement, trouvant toujours le mot exact. Et je me souviens

qu’Andrée, qui ne connaissait pas l’espagnol, prononçait les « j » comme Antonio les prononçait : « i ». De cette façon, l’un comme

l’autre, ils disaient « Iuan-les-Pins », ils appelaient ma mère « Iosette », ils disaient d’un paysage qu’il est « ioli ». Ils nous disaient «

Boniour » . C’était une manière à eux de n’être ni d’ici, ni de là-bas, dans leur pays commun.

43
Je me souviens du jour où Andrée avait donné à Valérie les bijoux fantaisie qu’elle ne pouvait plus porter. Il y avait une bague, cette

bague, que Valérie met souvent.

44
Je me souviens de leur admiration pour Jean-Paul Sartre, et pour le couple moderne que formaient Sartre et Simone de Beauvoir. Je

me souviens aussi de leurs petites chamailleries, toujours sur le ton de la plaisanterie, complices encore quand ils nous prenaient à

témoin des petits reproches qu’ils se faisaient l’un à l’autre.

45
Je me souviens de mon arrivée à l’hôpital d’Antibes, le lendemain de la mort d’Andrée. J’étais venu de Paris pour voir Antonio. Il avait

eu une attaque en voyant qu’Andrée était au pire. Antonio était dans son lit, il parlait lentement mais très clairement. Les infirmières

l’appelaient « Docteur ». Je ne savais pas ce qu’il savait à propos d’Andrée. J’ai longtemps hésité. Nous parlions de choses sans

importance, il souriait, il plaisantait même. Quand je me suis forcé à aborder la question, il a compris alors que ma phrase avait à

peine commencé. Il m’a fait un geste, un geste doux, sans humeur, un geste qui me disait qu’il savait et qu’il fallait parler d’autre

chose.

46
Je me souviens d’Andrée, son allure fluette, fragile, son sourire doux. Sa voix frêle et tremblante. Sa frange qui lui donnait l’air d’une

petite fille. Et quand elle marchait, l’équilibre était incertain, elle le cherchait. Il lui tenait le bras.

47
Je me souviens d’Antonio, de son élégance aristocratique, de sa manière de s’habiller qui le distinguait aussitôt. Sa manière de

porter la chemise par-dessus le pantalon. Ses vestes claires, sa démarche droite et sûre.

48
Je me souviens d’avoir surpris le regard attentif qu’il portait sur elle, quand elle ne le voyait pas. Et je me souviens d’elle, surveillant

furtivement si tout allait bien de son côté à lui. Je me souviens qu’il veillait sur elle, et qu’elle veillait sur lui.

© Alain Poussard

 

 

 

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Presentación del libro sobre Alejandro Otero en Granada

El día 18 de mayo del año 2007, con motivo de la Feria del Libro de Granada, en el Centro Cultural Caja Granada, el director de la Colección de El Defensor de Granada,  Emilio Atienza Rivero, presentó la biografía histórica de Alejandro Otero. En las fotografías se pueden ver a sus autores, Enriqueta Barranco y Fernando Girón, junto con César Girón y Emilio Atienza, que actuaron como moderadores. Tras el acto se procedio a la firma de ejemplares.

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Otras presentaciones

Aquí se recogen algunos de los momentos en los que se ha divulgado la vida y la obra de Alejandro Otero

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Alejandro Otero dará nombre a una plaza en Redondela

La corporación municipal de Redondela aprobó por unanimidad una moción del PSOE para dedicar la plaza situada entre las calles Reveriano Soutullo y Alfonso XII a Alejandro Otero.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En el siguiente vínculo se puede ver y escuchar la moción presentada por Eduardo Reguera Ocampo:

http://www.lacasanatural.com/redondelatv/concello_pleno3_2.html

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Exposición en Redondela

Cartelon anunciador exposición sobre Alejandro Otero

En la sala multiusos de A Xunqueira (Redondela, Pontevedra), promovida por las Juventudes Socialistas de Redondela, se ha organizado una exposición monográfica sobre el redondelan Alejandro Otero. Con ella se trata de acercar la figura de Otero a sus paisanos. Para dar a conocer su obra, el día 12 de marzo intervinieron Fernando Girón y Enriqueta Barranco, en una conferencia que giró en torno a la vida y obra de este insigne personaje. El acto fue presentado por Isaac Borja Araujo Figueroa, secretario de las Juventudes Socialistas y Carmela Silva, portavoz socialista del Senado.

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